« Carpe diem »
Formule du poète latin Horace (« cueille le jour »), reprise par Ronsard dans « Cueillez, cueillez votre jeunesse ». On l’emploie pour dire qu’il faut profiter du moment présent : « Ce voyage scolaire, c’est carpe diem. »
À 12 ans, il part pour l’Écosse comme page de cour. Après une maladie qui le laisse à moitié sourd, il renonce à la diplomatie pour devenir poète. En 1550, il publie des odes pour prouver que le français peut égaler le latin et le grec.
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Né près de Couture-sur-Loir, mort près de Tours
Ronsard naît sous François Ier et meurt sous Henri III. Entre les deux, il voit la Renaissance, les guerres de religion et les débuts du français comme grande langue de poésie. Sa vie commence à la cour, mais c’est un handicap qui la change.
1Explore la friseComment cette œuvre est-elle née ?
Je fais une hypothèse
En 1549, Joachim du Bellay, l’ami de Ronsard, publie un manifeste pour défendre le français. Étrange : dix ans plus tôt, l’ordonnance de Villers-Cotterêts a déjà imposé le français dans le droit et l’administration. Alors, qu’est-ce qui manque encore à cette langue ?
Manipule d’abord, comprends ensuite.
2Remets dans l’ordreLe plan d’une séduction
Ronsard veut convaincre une jeune fille, mais il ne le dit pas tout de suite. Voici, en mots d’aujourd’hui, les cinq mouvements de « Mignonne, allons voir si la rose ». Remets-les dans l’ordre du poème, en te demandant à chaque étape : que veut-il obtenir ?
Ronsard écrit des odes, des sonnets, des poèmes politiques et même une épopée. Chez lui, l’amour et le temps vont ensemble : plus la beauté est fragile, plus il faut vite en profiter. En classe, tu rencontres la poésie de la Renaissance dès la seconde (« La poésie du Moyen Âge au XVIIIe siècle »), et ses poèmes peuvent aussi figurer dans ta liste de textes à l’oral du bac de français.
3Découvre les œuvres clésEn chiffres
À retenir
Le grand pari de Ronsard : prouver que le français peut égaler les poètes grecs et latins. Ses odes imitent celles du poète grec Pindare et du Latin Horace. Le livre I contient « Mignonne, allons voir si la rose », dédié à Cassandre. Pense à un jeune artiste qui veut prouver que sa langue vaut les langues dominantes : c’est le pari de Ronsard face au latin.
Un recueil de sonnets d’amour : pour Cassandre en 1552, puis pour Marie dans la Continuation des Amours (1555). Le sonnet, c’est 14 vers : deux quatrains, deux tercets. Ronsard l’emprunte à l’Italien Pétrarque, qui en a fait la forme de l’amour. Un sonnet d’amour, c’est un peu comme un long message écrit à quelqu’un qui ne répond pas.
Le grand recueil de la maturité : 111 sonnets pour Hélène de Surgères, une suivante de la reine Catherine de Médicis, qui encourage Ronsard à la courtiser en vers. L’amour est à sens unique : Hélène reste indifférente. On y trouve « Quand vous serez bien vieille » (livre II, sonnet 43).
Autour de lui
Fille d’un banquier italien, elle naît vers 1530. Ronsard la voit au château de Blois, lors d’un bal de la cour, au printemps 1545. Elle est très jeune et se marie dès l’année suivante, avec Jean Peigné, seigneur de Pray. Cet amour sans suite donne pourtant Les Amours de Cassandre (1552) et l’ode « Mignonne, allons voir si la rose ».
Helléniste, c’est-à-dire spécialiste du grec ancien. En 1544, il devient le précepteur du jeune Baïf et de Ronsard. Ronsard reconnaît ce qu’il lui doit. Il fait découvrir aux jeunes poètes les auteurs grecs, et reste pour Baïf, Ronsard et Du Bellay une sorte de père.
Ronsard n’invente pas seul. Avec Du Bellay, Baïf et d’autres, il forme un groupe qui veut hisser le français au niveau du grec et du latin. Pour chaque idée, regarde ce que la Pléiade laisse de côté et ce qu’elle propose.
4Découvre son écoleL’humanisme et la Pléiade en France, vers 1549-1585
ContreL’idée que le français est trop pauvre pour la grande poésie, et qu’il faut écrire en latin.
PourEnrichir le français : emprunter des mots au latin, au grec, à l’italien, en créer de nouveaux, en réveiller de vieux (Défense et illustration, 1549).
ContreLes formes héritées du Moyen Âge, comme le rondeau et la ballade.
PourImiter les Anciens et les Italiens : odes comme Pindare et Horace, sonnets comme Pétrarque, épopée comme Virgile.
ContreUn versificateur de cour, qui compose des vers de circonstance.
PourUn poète savant, qui travaille longtemps et dont les vers donnent l’immortalité : une « louange immortelle ».
ContreUn amour qui se contente de soupirer et d’attendre.
PourUn amour pressé par le temps : « Cueillez, cueillez votre jeunesse » (carpe diem).
Sa famille littéraire
Touche un nom pour savoir ce qui le relie à Ronsard.
Dans la frise des courants
À toi
Deux extraits. Touche un passage surligné, devine le procédé, puis découvre l’effet qu’il produit. C’est exactement ce qu’on attend de toi dans un commentaire : repérer, nommer, interpréter.
5Lis de prèsRepérer, nommer, interpréter
Ce qui le distingue
Il rappelle que le temps passe vite pour pousser à aimer et à vivre maintenant. La rose, la vieillesse, la mort reviennent d’un poème à l’autre, de « Mignonne » aux Derniers vers.
Beaucoup de poèmes s’ouvrent sur une adresse à la bien-aimée (« Mignonne », « vous »). Le poème est une conversation qui cherche à convaincre, avec un « je » qui supplie ou qui ordonne.
À l’origine, Les Amours de Cassandre (1552) sont surtout écrites en décasyllabes, le vers de dix syllabes. Pour Hélène (1578), il choisit l’alexandrin, le vers de douze syllabes, plus ample et plus grave.
La fleur qui s’ouvre et se fane, la rose du matin et du soir : chez Ronsard, la nature n’est pas un simple décor. Elle sert à dire que la beauté est fragile.
Tu es Ronsard. Trois décisions où ton handicap, ton ambition et ta liberté de poète ne vont pas dans le même sens. Les points récompensent le choix le plus cohérent avec ses idées et sa situation, pas forcément celui qu’il a vraiment fait.
6Prends les décisionsLe conseil
Après chaque choix, tu vois ce qu’il change et ce qui s’est vraiment passé.
Le Vendômois, l’Écosse, Blois, Paris, la Touraine : suis Ronsard de sa naissance à sa tombe.
7Suis le parcours sur la carteSur la carte
D’après Wikipédia (articles « Pierre de Ronsard », « Couture-sur-Loir », « Cassandre Salviati », « Jean Dorat », « Sonnets pour Hélène », « Joachim du Bellay ») ; Ronsard, Les Odes et Sonnets pour Hélène (Wikisource).
On résume souvent Ronsard à une rose et à une vieille dame à la chandelle. La réalité est plus large, et sa gloire a connu des éclipses.
8Démêle le vrai du fauxSeulement l’amour ?
À l’école, Ronsard, c’est « Mignonne, allons voir si la rose » : un poète doux, qui parle de fleurs et d’amour.
Toujours célèbre ?
Aujourd’hui, Ronsard est étudié au lycée. On imagine qu’il a toujours été au sommet.
Ce qu’il en reste aujourd’hui
Dès le XVIe siècle, « Mignonne, allons voir si la rose » est mis en musique (notamment par Guillaume Costeley). Plus tard, Richard Wagner en fait une mélodie, vers 1839.
Ronsard n’a pas cessé de retoucher ses poèmes. Pour « Mignonne », selon les éditions, plusieurs mots changent et l’orthographe varie d’un livre à l’autre. Quand tu lis un poème ancien, regarde toujours quelle édition tu as sous les yeux.
Lis la question, fais ton hypothèse, puis découvre le récit. Chaque anecdote t’apprend quelque chose.
9Ouvre les cinq anecdotesDes citations à placer dans une dissertation, et des pistes pour un commentaire.
Citations à connaître
« Mignonne, allons voir si la rose »
Les Odes, livre I, 1550
« Cueillez, cueillez votre jeunesse »
« Mignonne, allons voir si la rose », Les Odes, 1550
« Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle. »
« Quand vous serez bien vieille », Sonnets pour Hélène, livre II, 1578
« Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie. »
« Quand vous serez bien vieille », Sonnets pour Hélène, livre II, 1578
Pistes de commentaire
Étudie l’invitation du début, la comparaison entre la fleur et la jeune femme, l’impératif final. Question possible : comment le poète transforme-t-il une promenade en argument ? Objet d’étude : la poésie.
Un sonnet qui imagine l’avenir : repère le futur, la scène à la chandelle, la parole imaginée de la vieille femme, puis le retour au présent avec le conseil final. Le poème cherche à persuader plus qu’à prouver.
Sujets possibles : « Le poète peut-il sauver ce qu’il aime du temps ? », « Faut-il être sérieux pour être grand poète ? », « La poésie sert-elle à célébrer ou à persuader ? ». Appuie-toi sur le carpe diem, la « louange immortelle » et le rôle de la rose. Pour une explication de texte, pars toujours du passage : repère, nomme, interprète.
Trois phrases que tout le monde emploie. Maintenant, tu sais d’où elles viennent.
« Carpe diem »
Formule du poète latin Horace (« cueille le jour »), reprise par Ronsard dans « Cueillez, cueillez votre jeunesse ». On l’emploie pour dire qu’il faut profiter du moment présent : « Ce voyage scolaire, c’est carpe diem. »
« Une pléiade de… »
Au XVIe siècle, Ronsard et ses amis choisissent ce nom pour leur groupe de sept poètes, d’après sept poètes d’Alexandrie, qui avaient pris le nom d’un amas d’étoiles. Aujourd’hui, on dit « une pléiade de chefs » ou « une pléiade d’acteurs » pour parler d’un groupe de talents brillants.
« Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle »
Dernier vers du premier quatrain de « Quand vous serez bien vieille ». C’est la phrase que le poète imagine dans la bouche d’une vieille femme. On la cite aujourd’hui avec humour, pour dire qu’on a eu son heure de gloire : « Avant, on me demandait des autographes… Ronsard me célébrait. »
Avec Du Bellay, il veut enrichir le français et l’égaler au grec et au latin : odes, sonnets, épopée.
Cassandre, Marie, Hélène : l’amour, la rose, la vieillesse. « Cueillez, cueillez votre jeunesse. »
Page, aumônier du roi, poète de cour, mais aussi voix politique pendant les guerres de religion (Discours des misères, 1562).
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