Genesis Lettres & Philo
L’interrogation : illustration
Grammaire du bac · Première

L’interrogation : la reconnaître, la classer, expliquer son effet.

Une phrase peut avoir la forme d’une question sans en poser une. Tu vas le découvrir en manipulant des phrases de Descartes, de Pascal et de Balzac : tu classes une interrogation (totale ou partielle, directe ou indirecte), tu nommes sa forme et tu dis ce qu’elle produit. À l’oral, ça te donne une réponse de deux minutes, avec une preuve.

Commence par observer →
Étape 1 · J’observe

Touche un groupe, teste-le.

Pour chaque phrase, touche un groupe de mots, puis lance les tests : tu vois ce que la phrase devient, et ce qui reste correct.

1Manipule la phrase

Première phrase

La cire de Descartes

Touche « demeure-t-elle », puis « La même cire », et lance les tests. Observe ce qui change.

Deuxième phrase

Le pari de Pascal

Touche « de quel côté », puis « pencherons-nous ». Compare avec la phrase précédente.

Troisième phrase

Écoute s’il pleut

Touche « s’il pleut », puis la fin de la phrase. Cette fois, il n’y a pas de point d’interrogation.

Étape 2 · Je fais une hypothèse

Qu’est-ce qui range une question ?

Tu as vu des inversions, des « est-ce que », des mots interrogatifs, une question sans point d’interrogation. Deux hypothèses à tester : le type de la question, puis ce qu’elle attend.

2Teste ton hypothèse

Première hypothèse

Deuxième hypothèse

La règle

L’interrogation en cinq cartes

Totale ou partielle

Totale : on peut répondre par « oui », « non » ou « si », sans mot interrogatif. Partielle : un mot interrogatif demande une information précise. Ce mot est un pronom (qui, que, quoi), un adverbe (où, quand, comment, pourquoi, combien) ou un déterminant (quel).

Trois formes

L’intonation (« C’est de la prose ? »), la locution « est-ce que » (« Est-ce que tu viens ? »), l’inversion du sujet (« Viens-tu ? »). L’inversion est simple avec un pronom sujet (« pencherons-nous »), complexe avec un nom repris par un pronom (« La même cire demeure-t-elle »).

La ponctuation

L’interrogation directe se termine par un point d’interrogation. L’inversion s’écrit avec des traits d’union et, après une voyelle, un « -t- » (« a-t-il », « demeure-t-elle »).

Directe ou indirecte

L’interrogation indirecte est une proposition subordonnée, souvent complément d’objet direct d’un verbe comme « demander », « savoir », « écouter ». Elle commence par « si » (totale) ou par le mot interrogatif (partielle). Elle garde l’ordre sujet-verbe, sans point d’interrogation. Les pronoms et le temps s’adaptent (« vous êtes » devient « ils étaient »).

La question oratoire

Elle a la forme d’une question mais n’attend pas de réponse : elle affirme avec force. Souvent à la forme négative, elle appelle « si » et amène le lecteur à approuver. Sa valeur est argumentative.

Étape 3 · Je m’entraîne

Trier, transformer, vérifier.

Trois exercices courts : classe des questions, passe du direct à l’indirect, puis teste tes pièges.

3Fais le tri

Le tri des questions

Totale ou partielle ?

Chaque phrase est une interrogation directe. Peux-tu y répondre par « oui » ou « non » ?

Du direct à l’indirect

Ce qui change, ce qui reste

Bascule d’une version à l’autre, observe, puis réponds à la question.

Ponctuation et pièges

Six petites questions

Réponds, puis lis l’explication, même si tu as juste.

Étape 4 · Au bac

Réponds comme à l’oral.

Tu as la phrase et la question. Prépare ta réponse à voix haute, puis compare avec le modèle et coche ce que tu as fait.

4Passe l’oral

Au bac, en deux minutes

La question de grammaire

Tu as la phrase et la question. Prépare ta réponse à voix haute, puis compare avec le modèle.

Étape 5 · Ma fiche

Ce que tu emportes.

Un tableau et quatre pièges.

5Lis ta fiche

Ma fiche

Reconnaître une interrogation

NotionCe qu’il faut retenirExemple
Interrogation totaleRéponse par oui, non ou si ; pas de mot interrogatifLa même cire demeure-t-elle ?
Interrogation partielleUn mot interrogatif (pronom, adverbe, déterminant) demande une informationOù vont tous ces enfants… ?
IntonationOrdre des mots inchangé, la voix monte ; familier ou courantC’est de la prose ?
Est-ce queLocution placée devant la phrase ; forme couranteEst-ce que tu viens ?
Inversion simplePronom sujet après le verbe, avec trait d’union et « -t- » si besoin ; soutenuQu’avez-vous fait ?
Inversion complexeSujet nom devant le verbe, puis pronom de reprise derrièreLa Société ne fait-elle pas… ?
Interrogation indirecteSubordonnée complétant un verbe ; « si » ou mot interrogatif ; ni inversion ni point d’interrogationÉcoute s’il pleut.
Question oratoireForme de question, pas de réponse attendue ; valeur argumentativeLa Société ne fait-elle pas… ?

À l’oral, donne le type, la forme et une manipulation : réponse par « oui » ou « non », remplacement par « est-ce que », passage au discours direct.

Attention

Les pièges

« si » n’est pas toujours une condition

Dans « Je me demande s’il pleuvra », « si » introduit une interrogation indirecte : le futur est possible. Dans « S’il pleut, je reste », « si » exprime une condition : pas de futur après lui.

Après une question négative, on répond « si »

À « Tu ne viens pas ? », on contredit par « si ». « Oui » et « non » prêtent à confusion.

« Quoi » n’est pas toujours interrogatif

Dans « Quoi, quand je dis […], c’est de la prose ? » (Molière), « quoi » est une interjection de surprise. La question est une totale, par intonation.

Le sujet nom ne passe pas derrière le verbe

Pour une question totale avec un sujet nom, on garde le nom devant et on ajoute le pronom : « La même cire demeure-t-elle ? », pas « Demeure la même cire ? ».

Bilan

Ce que tu retiens.

1

Oui, non ou un mot interrogatif

Si tu peux répondre par « oui », « non » ou « si », l’interrogation est totale. Sinon, un mot interrogatif (pronom, adverbe, déterminant) la rend partielle.

2

Trois formes, une seule question

Intonation, « est-ce que », inversion : la question reste la même, seul le registre change. En indirecte, plus d’inversion ni de point d’interrogation.

3

Une question n’attend pas toujours de réponse

Quand elle affirme en s’appuyant sur l’évidence, elle est oratoire : sa valeur est argumentative.

Ton carnet