Au bac, tu pourrais tomber sur…
Au bac de philosophie, tu choisis parmi trois sujets : deux dissertations et une explication de texte. Voici des sujets de ce genre, que cette page t’aide à traiter. Lis-la avec eux en tête : à chaque étape, demande-toi à quel sujet l’idée peut servir.
Le roseau pensantPensées, fragment L 200 (B 347)Tu expliques un passage : sa thèse, ses étapes, son enjeu.
Touche un sujet pour le garder en tête : on y revient au bilan. Idées à mobiliser et objections ↓
Ce sont des sujets dans l’esprit du bac, pas des sujets déjà tombés.

Blaise Pascal 1623-1662
Né à Clermont, mort à Paris
- Né à Clermont en 1623, orphelin de mère à 3 ans, il est élevé par son père Étienne, magistrat passionné de sciences.
- À 16 ans, il écrit un essai sur les coniques ; à 19 ans (1642), il invente une machine à calculer, la Pascaline.
- En 1654, il échange avec Fermat sur un problème de jeu et pose avec lui les bases du calcul des probabilités.
- Dans la nuit du 23 novembre 1654, il vit une expérience religieuse qu’il note sur un parchemin cousu dans son habit : le Mémorial.
- Mort à 39 ans, en 1662, il laisse des notes inachevées, publiées en 1670 sous le titre de Pensées.
- Essai pour les coniques1640 · mathématiques
- Expériences nouvelles touchant le vide1647 · physique
- Les Provinciales1656-1657 · polémique
- Le Mémorial1654 · texte spirituel
- Pensées (posthume)1670 · philosophie
Un enfant prodige dans un siècle qui doute.
Pascal naît sous Louis XIII et meurt sous Louis XIV. De son vivant, la science bouscule de vieilles idées (le vide, le poids de l’air) et le monde chrétien se déchire entre jansénistes et jésuites. Lui est au cœur des deux débats.
1Explore la friseComment cette œuvre est-elle née ?
Je fais une hypothèse
Un papier cousu dans un habit
Pascal meurt à Paris en août 1662, à 39 ans. Peu après, un de ses serviteurs découvre, dans la doublure de son dernier habit, un petit parchemin plié, écrit de la main de Pascal, avec une copie sur papier.
Calculer ce qui n’est pas encore arrivé.
Manipule d’abord, comprends ensuite.
2Fais ton pariLe partage de la mise
Deux joueurs ont misé 32 pistoles chacun. La partie s’arrête avant la fin et il faut partager les 64 pistoles. C’est le genre de problème qui a occupé Pascal en 1654. Parie sur la part du joueur qui mène, puis suis le raisonnement étape par étape.
Un savant qui doute de la raison.
Pascal est mathématicien, physicien, inventeur et écrivain. Sa grande question : comment un être aussi fragile peut-il être si grand, et pourquoi est-il si malheureux ? Notions du programme : le bonheur, la raison, la religion.
3Découvre les idées clésEn chiffres
À retenir
Les idées clés
Le divertissement : fuir pour être heureux ?
Pascal observe que les hommes s’agitent sans cesse : jeux, chasse, bals, carrières, guerres. Sa conclusion : tout le malheur des hommes vient de ne pas savoir rester au repos dans une chambre. Seul, on pense à sa faiblesse et à sa mort ; alors on se divertit, du latin divertere, « se détourner ». Exemple : tu sors ton téléphone à la moindre attente, sans même y penser. Pour Pascal, l’homme le plus heureux serait celui qui aurait le moins besoin de se divertir. Notion du programme : le bonheur. Repère : essentiel / accidentel.
Le pari : décider quand on ne sait pas
Pascal imagine un dialogue avec quelqu’un qui dit ne pas pouvoir savoir si Dieu existe. Il répond qu’on ne peut pas ne pas choisir : « vous êtes embarqué ». Il faut donc peser le gain et la perte : si Dieu existe, on gagne tout ; sinon, dit-il, on ne perd rien. Ce n’est pas une preuve que Dieu existe : c’est un argument pour décider quand la raison ne tranche pas. Exemple : tu prends un parapluie sans savoir s’il va pleuvoir. Notions : la religion, la raison. Repère : croire / savoir.
Le cœur et les trois ordres
Pour Pascal, la raison est puissante mais limitée. Il distingue l’esprit de géométrie, qui démontre pas à pas, et l’esprit de finesse, qui saisit d’un coup d’œil, comme tu reconnais une voix ou un mensonge. Il parle aussi du cœur, une connaissance immédiate qui précède toute démonstration. Enfin, il range les grandeurs en trois ordres : la chair (richesse, pouvoir), l’esprit (savants, génies) et la charité (l’amour), qui les dépasse tous. Notion : la raison. Repère : intuitif / discursif.
Autour de lui
Étienne Pascal, le père
Magistrat, il devient veuf en 1626 et élève seul ses trois enfants. Passionné de mathématiques, il fréquente le cercle du père Mersenne. Envoyé à Rouen pour lever l’impôt du roi, il passe des heures à additionner : c’est pour l’aider que Blaise invente sa machine. Il meurt à Paris le 24 septembre 1651.
Jacqueline Pascal, la sœur cadette
Née en 1625, elle écrit des vers à 8 ans. Un jour, elle joue une pièce devant Richelieu et obtient la grâce de son père, en disgrâce. Corneille l’encourage. Elle entre à Port-Royal le 4 janvier 1652, contre l’avis de son frère, et le rapproche des jansénistes. Elle meurt en octobre 1661, peu après avoir été forcée de signer un texte qu’elle jugeait injuste.
Port-Royal : regarder l’homme tel qu’il est.
Pascal n’invente pas seul. Il écrit dans le milieu de Port-Royal, proche du jansénisme, un mouvement chrétien inspiré de saint Augustin, qui insiste sur la faiblesse de l’homme et sur la grâce. Il appartient aussi à la tradition des moralistes français, qui observent les comportements humains. Pour chaque idée, regarde ce qu’il rejette et ce qu’il propose.
4Découvre son écoleLe jansénisme et les moralistes, France, XVIIe siècle
Quatre combats
La raison
ContreL’idée que la raison seule peut tout connaître et tout démontrer.
PourUne raison puissante mais limitée : elle ne démontre pas tout, et certaines choses se sentent d’abord par le cœur.
L’homme
ContreUne image flatteuse de l’homme, maître de la nature et content de lui.
PourUn être double : faible comme un roseau, mais grand parce qu’il pense.
Le bonheur
ContreUn bonheur qu’on chercherait dans l’agitation, les jeux et les honneurs.
PourUn bonheur qui commence par regarder en face sa condition, sans se détourner.
La morale
ContreUne morale accommodante, qui trouve toujours une excuse : c’est ce que Pascal reproche à certains jésuites.
PourUne morale exigeante, fondée sur la vérité et la charité, comme dans les Provinciales.
Sa famille de pensée
Avant, avec, après lui
Touche un nom pour savoir ce qui le relie à Pascal.
Ceux qui l’ont inspiré
Compagnons et adversaires
Ceux qui l’ont lu
Dans la frise des courants
À toi
Esprit de géométrie ou esprit de finesse ? Trie ces quatre situations.
L’atelier du bac : comment Pascal argumente.
Trois extraits des Pensées. Touche un passage surligné, devine le procédé d’argumentation, puis découvre son effet. En explication de texte, on attend de toi la même chose : repérer, nommer, interpréter.
5Lis de prèsRepérer, nommer, interpréter
Ce qui le distingue
Sa signature
Des fragments, pas un traité
Les Pensées sont des notes inachevées, laissées en liasses : Pascal prépare une grande défense de la religion chrétienne, mais il meurt avant de la rédiger. Le livre garde un rythme de pensée en train de se faire.
L’art de la formule
Il condense une idée en une image qui reste : « roseau pensant », « vous êtes embarqué ». L’antithèse et le paradoxe sont ses outils préférés.
Le dialogue avec le lecteur
Dans le pari, Pascal fait parler un interlocuteur qui objecte. Il argumente comme on joue au ping-pong : une objection, une réponse, et on avance.
Un humour qui mord
Dans les Provinciales, Pascal se moque des théologiens trop accommodants : fiction épistolaire, ton léger, ironie. Il sait faire rire pour mieux convaincre.
Que ferais-tu ?
Tu es Pascal. Trois décisions où ta curiosité, ta santé et ta foi ne vont pas dans le même sens. Les points récompensent la décision la plus cohérente avec sa pensée, pas forcément ce qu’il a fait.
6Prends les décisionsLe conseil
Que ferais-tu à la place de Pascal ?
Après chaque choix, tu vois ce qu’il change et ce qui s’est vraiment passé.
De Clermont à Saint-Étienne-du-Mont.
Pascal a peu voyagé : l’Auvergne, Paris, Rouen, Port-Royal. Suis les lieux où se sont joués ses grands moments.
7Suis le parcours sur la carteSur la carte
Les lieux de la vie de Pascal
D’après Wikipédia (« Blaise Pascal », « Étienne Pascal », « Jacqueline Pascal », « Mémorial (Blaise Pascal) ») ; emplacements précis des lieux approximatifs.
Pascal, entre faits et légendes.
On le range souvent parmi les grands esprits tristes, converti et fermé sur lui-même. La réalité est plus vivante : un inventeur, un polémiste, un homme qui réfléchit à ce que veulent dire la raison, le bonheur et la foi. Notions du programme : la raison, la religion, le bonheur.
8Démêle le vrai du fauxUn converti enfermé ?
Après sa nuit de feu, il a tourné le dos au monde ?
On imagine souvent Pascal en converti qui, après le Mémorial (1654), renonce à tout sauf à la prière.
Contre la raison ?
Pascal méprisait la raison ?
On cite souvent sa formule sur le cœur et la raison, comme si Pascal invitait à croire sans réfléchir.
Ce qu’il en reste aujourd’hui
Un livre qu’il n’a pas fini
Pascal laisse des liasses de notes pour une défense de la religion chrétienne contre les libertins. En 1670, ses amis de Port-Royal publient une première édition, « Les Pensées de M. Pascal sur la religion… » : ils suppriment des fragments, retouchent le style et regroupent les textes sous des titres. Pour retrouver l’ordre voulu par Pascal, on utilise aujourd’hui d’autres éditions et d’autres numérotations : B (Brunschvicg) et L (Lafuma). C’est pourquoi on cite « L 136 » ou « B 139 ».
Des carrosses, une unité, un langage
En 1662, avec un privilège du roi, les « carrosses à cinq sols » ouvrent le 18 mars leur première ligne : des voitures régulières, à cinq sols la place, entre la porte Saint-Antoine et le palais du Luxembourg. Pascal est l’un des fondateurs de l’entreprise, avec le duc de Roannez. Aujourd’hui, l’unité de pression s’appelle le pascal (Pa), et un langage de programmation, créé dans les années 1970, s’appelle Pascal en son honneur.
Cinq histoires vraies (ou presque).
Lis la question, fais ton hypothèse, puis découvre le récit. Chaque anecdote t’apprend quelque chose.
9Ouvre les cinq anecdotesCe qu’il faut avoir en tête.
Des citations à placer dans une dissertation, les notions du programme et des sujets possibles.
Citations à connaître
« Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. »
Pensées, L 136 (B 139)
« L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant. »
Pensées, L 200 (B 347)
« Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est. »
Pensées, le pari, L 418 (B 233)
« Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants. »
Mémorial, 23 novembre 1654
Notions du programme
Notions et sujets
Dissertation · le bonheur
Sujets possibles : « Peut-on être heureux sans se divertir ? », « Le bonheur est-il une fuite ? », « Faut-il redouter le silence ? ». Idées de Pascal à mobiliser : le divertissement détourne de la pensée de notre condition ; l’homme le plus heureux serait celui qui aurait le moins besoin d’être diverti (« Si l’homme était heureux, il le serait d’autant plus qu’il serait moins diverti, comme les saints et Dieu », L 132). Prévois une objection : se divertir n’est-il pas aussi un plaisir légitime, qui rend la vie supportable ? Repère : essentiel / accidentel.
Dissertation · la religion et la raison
Sujets possibles : « Peut-on croire sans preuve ? », « La raison peut-elle fonder une croyance ? », « Est-il raisonnable de parier sur Dieu ? ». Utilise le pari (peser le gain et la perte quand la raison ne peut pas trancher), les limites de la raison et la place du cœur. Prévois les objections : on ne croit pas sur commande, et d’autres religions pourraient faire le même calcul. Repères : croire / savoir, intuitif / discursif. Notions : la religion, la raison.
Explication de texte · le roseau pensant
Dans le fragment L 200 (B 347), repère le mouvement : la faiblesse de l’homme (roseau), le retournement avec « mais », l’hypothèse du pire (l’univers l’écrase), puis la conclusion avec « donc ». Explique ce que veut dire « noble » et pourquoi « il sait qu’il meurt » suffit à rendre l’homme supérieur à l’univers. Pense à discuter : la pensée suffit-elle à faire la dignité d’un homme ? Notion : la raison.
Briller en société.
Trois phrases que tout le monde emploie. Maintenant, tu sais d’où elles viennent.
« Un roseau pensant »
Dans les Pensées (L 200), Pascal écrit que l’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais que c’est un roseau pensant. Il veut dire que l’homme est fragile, et que sa grandeur est dans sa pensée. Tu peux l’employer pour quelqu’un de frêle qui tient tête : « Il fait un mètre soixante, mais c’est un roseau pensant. »
« Faire le pari de Pascal »
Dans le pari (L 418), Pascal écrit : « Pesons le gain et la perte ». On l’emploie pour un choix où l’on risque peu et où l’on peut gagner beaucoup : « Je prends mon parapluie : c’est le pari de Pascal. S’il pleut, je suis sauvé ; sinon, je n’ai perdu qu’un peu de place dans mon sac. »
« Se divertir »
Divertir vient du latin divertere, « détourner ». Pour Pascal, le divertissement est tout ce qui nous détourne de nous-mêmes, pas seulement ce qui amuse. Tu peux l’employer pour toi : « Ce n’est pas du repos, c’est du divertissement au sens de Pascal : je fais défiler des vidéos pour ne pas penser. »
Ce que tu retiens.
Le génie qui calcule
Pascaline, vide, probabilités : Pascal raisonne même sur le hasard.
Le penseur de la grandeur et de la misère
L’homme est un roseau pensant : fragile, mais digne par sa pensée. Il fuit pourtant le silence : c’est le divertissement.
Le croyant qui parie
Le pari, le Mémorial, le cœur : quand la raison ne tranche pas, il faut décider, et sentir.
Retour au bac
Et les sujets du début ?
Reviens aux sujets du début : tu peux maintenant en traiter plusieurs. Les idées à mobiliser et les objections sont dans « Pour le bac », plus haut.
Ton carnet
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