Au bac, tu pourrais tomber sur…
Au bac de philosophie, tu choisis parmi trois sujets : deux dissertations et une explication de texte. Voici des sujets de ce genre, que cette page t’aide à traiter. Lis-la avec eux en tête : à chaque étape, demande-toi à quel sujet l’idée peut servir.
Les trois blessuresConférences d’introduction à la psychanalyse, 18e conférence (1917)Tu expliques un passage : sa thèse, ses étapes, son enjeu.
Touche un sujet pour le garder en tête : on y revient au bilan. Idées à mobiliser et objections ↓
Ce sont des sujets dans l’esprit du bac, pas des sujets déjà tombés.

Sigmund Freud 1856-1939
Né à Freiberg (Příbor), mort à Londres
- Il naît le 6 mai 1856 à Freiberg, en Moravie (aujourd’hui Příbor), et grandit à Vienne à partir de 1860.
- Médecin diplômé en 1881, il passe l’hiver 1885-1886 à Paris auprès de Charcot, puis ouvre un cabinet à Vienne en 1886.
- Avec Breuer, il publie en 1895 les Études sur l’hystérie ; en 1899-1900, L’Interprétation des rêves.
- Au 19 de la Berggasse, à Vienne, il reçoit ses patients pendant 47 ans, de 1891 à 1938.
- Chassé par les nazis, il arrive à Londres le 6 juin 1938 et y meurt le 23 septembre 1939, à 83 ans.
- Études sur l’hystérie1895 · cas cliniques (avec Breuer)
- L’Interprétation des rêves1899-1900 · psychanalyse
- Psychopathologie de la vie quotidienne1901 · psychanalyse
- Le Moi et le Ça1923 · psychanalyse
- Malaise dans la civilisation1930 · essai
Un médecin qui écoute ce que les autres écartent.
Freud naît en Moravie et grandit à Vienne. Il devient médecin des nerfs. Mais ce sont des patientes que la médecine comprend mal qui orientent sa vie : ce qu’elles racontent l’intéresse plus que ce qu’elles ont.
1Explore la friseComment cette œuvre est-elle née ?
Je fais une hypothèse
Une malade qui ne peut plus boire
Vienne, 1880-1882. Le médecin Josef Breuer soigne une jeune femme, Anna O. (de son vrai nom Bertha Pappenheim), qui souffre de paralysies et de troubles étranges. Elle a soif, mais n’arrive plus à boire. Un jour, sous hypnose, elle raconte une scène : sa dame de compagnie anglaise, qu’elle n’aimait pas, a laissé son petit chien boire dans un verre.
Six signes, six pensées cachées.
Manipule d’abord, comprends ensuite.
2Relie les signesLapsus, rêves et oublis
Freud pense que nos rêves, nos lapsus et nos oublis ne sont pas des hasards : ils laissent passer une pensée que la conscience écarte. Relie chaque situation à ce qu’elle peut cacher. Trois exemples sont écrits pour l’exercice ; trois sont des cas réels, racontés avec nos mots.
Une pensée qui nous échappe à nous-mêmes.
Pour Descartes, penser, c’est savoir qu’on pense : la conscience est transparente. Pour Freud, une grande part de notre vie psychique nous échappe. Trois idées à retenir : l’inconscient, le rêve, les trois instances de l’esprit.
3Découvre les idées clésEn chiffres
À retenir
Les idées clés
L’inconscient et le refoulement (1900-1915)
Pour Freud, notre esprit ne se réduit pas à ce dont nous avons conscience. Il le décrit en trois systèmes : conscient, préconscient, inconscient. Quand une pensée ou un souvenir est trop pénible ou interdit, le moi l’écarte : c’est le refoulement. La pensée ne disparaît pas, elle agit dans l’inconscient et revient déguisée : un rêve, un lapsus, un symptôme. Exemple : tu « oublies » toujours la date d’un contrôle qui t’angoisse. Notions : l’inconscient, la conscience. Repère : expliquer / comprendre.
Le rêve, accomplissement de désir (1900)
Freud appelle l’interprétation des rêves « la voie royale » vers l’inconscient. Pour lui, rêver, c’est réaliser un désir de façon déguisée. Ce qu’on raconte au réveil est le contenu manifeste ; la pensée cachée est le contenu latent. Le « travail du rêve » transforme l’un en l’autre, par exemple en fondant plusieurs personnes en une seule image (condensation). Exemple de Freud : après un repas très salé, il rêve qu’il boit de l’eau, et ce rêve lui évite de se réveiller. Notion : l’inconscient. Repère : expliquer / comprendre.
Le Ça, le Moi, le Surmoi (1923-1930)
Dans Le Moi et le Ça (1923), Freud décrit un esprit à trois instances : le Ça (les pulsions, le désir brut), le Surmoi (les interdits venus des parents et de la société) et le Moi, qui doit se débrouiller entre les deux et avec la réalité. Dans Malaise dans la civilisation (1930), il ajoute que vivre en société oblige à renoncer à une part de ses pulsions : cela nourrit la culpabilité et coûte une part de bonheur. Exemple : la petite voix qui te culpabilise après avoir mangé tout le paquet de gâteaux, c’est le Surmoi. Notions : la conscience, le bonheur. Repère : obligation / contrainte.
Autour de lui
Martha Bernays, épouse
Née à Hambourg en 1861, elle rencontre Freud en 1882 et reste fiancée quatre ans. Ils se marient en septembre 1886 et ont six enfants, nés entre 1887 et 1895. Elle le suit à Londres en 1938 et y meurt en 1951.
Anna Freud, fille et héritière
Née en 1895, la plus jeune des six enfants, elle devient l’une des pionnières de la psychanalyse des enfants. En 1938, elle est interrogée par la Gestapo, puis organise le départ de la famille. Elle vit au 20 Maresfield Gardens, à Londres, jusqu’en 1982 : la maison devient le Freud Museum en 1986.
La psychanalyse : écouter ce que dit l’inconscient.
Freud fonde la psychanalyse : une théorie de l’esprit et une méthode de soin par la parole. Pour chaque idée, regarde ce qu’il remet en cause et ce qu’il propose.
4Découvre son écoleLa psychanalyse, de 1900 à aujourd’hui
Quatre combats
La conscience
ContreL’idée que l’esprit se réduit à ce dont on a conscience, et qu’on se connaît en réfléchissant.
PourUne grande part de l’esprit est inconsciente : le moi n’est même pas maître dans sa propre maison.
Le rêve
ContreUne vision du rêve comme simple bruit du sommeil, sans signification.
PourLe rêve a un sens : c’est l’accomplissement déguisé d’un désir, qu’on peut interpréter.
L’erreur
ContreUn regard qui range lapsus et oublis parmi les hasards ou les étourderies.
PourCes actes manqués ont une cause : une pensée refoulée trouve un chemin détourné. Rien n’est arbitraire dans la vie psychique.
Le soin
ContreDes soins qui visent seulement à faire disparaître le symptôme.
PourLa cure par la parole : le patient dit tout ce qui lui vient à l’esprit, et le sens de ses symptômes apparaît peu à peu.
Sa famille de pensée
Avant, avec, après lui
Touche un nom pour savoir ce qui le relie à Freud.
Ceux qui l’ont inspiré
Compagnons et rivaux
Ses héritiers
Dans la frise des courants
À toi
Descartes ou Freud ? Trie ces quatre idées.
L’atelier du bac : comment Freud argumente.
Trois extraits courts. Touche un passage surligné, devine le procédé d’argumentation, puis découvre son effet. En explication de texte comme en dissertation, on attend de toi la même chose : repérer, nommer, interpréter.
5Lis de prèsRepérer, nommer, interpréter
Ce qui le distingue
Sa signature
Des cas racontés comme des enquêtes
Freud raconte Anna O., le rêve d’Irma ou le nom oublié de Signorelli comme de petites enquêtes : on suit la piste d’un indice à l’autre.
Le raisonnement par indices
Il part de détails minuscules, un lapsus ou un nom oublié, et remonte vers une cause cachée. Le lecteur est invité à vérifier.
Les images
Une maison dont le moi n’est pas le maître, une Rome qui garde tout son passé : Freud explique l’invisible par des images concrètes. Repère : concept / image / métaphore.
L’exemple personnel
Il analyse ses propres rêves et ses propres oublis dans ses livres. Il s’expose au lieu de seulement observer les autres.
Que ferais-tu ?
Tu es Sigmund Freud. Trois décisions où ta curiosité, ta réputation et ta sécurité ne vont pas dans le même sens. Les points récompensent la décision la plus cohérente avec sa pensée, pas forcément ce qu’il a fait.
6Prends les décisionsLe conseil
Que ferais-tu à la place de Freud ?
Après chaque choix, tu vois ce qu’il change et ce qui s’est vraiment passé.
De la Moravie à Londres.
Příbor, Vienne, Paris, Berlin, Londres : suis Freud de sa naissance à sa dernière maison.
7Suis le parcours sur la carteSur la carte
Les lieux de la vie de Sigmund Freud
D’après Wikipédia (Sigmund Freud, Příbor, Freud Museum) ; Sigmund Freud Museum de Vienne (freud-museum.at) ; Freud Museum de Londres (freud.org.uk) ; emplacements approximatifs.
Freud, entre faits et légendes.
Freud est devenu une figure de la culture : on cite ses mots, on lui prête des phrases. Avant de le juger, regarde ce qu’il a vraiment écrit.
8Démêle le vrai du fauxL’inconscient
Freud a-t-il « découvert » l’inconscient ?
On dit souvent que Freud a découvert l’inconscient. Pour Descartes, pourtant, la pensée est d’abord ce dont on a conscience.
Le sexe partout ?
Pour Freud, tout est sexuel ?
Freud choque ses contemporains en parlant de sexualité, y compris chez l’enfant. On lui prête aussi une phrase célèbre : « Parfois, un cigare n’est qu’un cigare. »
Ce qu’il en reste aujourd’hui
Un divan à Londres
Le divan de Vienne, offert par une patiente vers 1890, se trouve aujourd’hui dans le cabinet de Freud, au 20 Maresfield Gardens, à Londres. La maison, ouverte au public le 28 juillet 1986, est le Freud Museum : on y voit sa bibliothèque et environ 2 000 objets archéologiques. À Vienne, le musée du 19 Berggasse existe depuis 1971.
Les rêves vus par les neurosciences
En 1953, Aserinsky et Kleitman décrivent le sommeil paradoxal, la phase où l’on rêve le plus souvent. En 1977, Hobson et McCarley proposent que le rêve naît d’une activation du cerveau, sans désir caché derrière. Mais la fonction des rêves reste débattue, et beaucoup de gens croient encore, comme Freud, qu’ils révèlent leurs désirs. À toi de voir : expliquer les causes d’un rêve, est-ce en comprendre le sens ?
Cinq histoires vraies (ou presque).
Lis la question, fais ton hypothèse, puis découvre le récit. Chaque anecdote t’apprend quelque chose.
9Ouvre les cinq anecdotesCe qu’il faut avoir en tête.
Des citations à placer dans une dissertation, les notions du programme et des sujets possibles.
Citations à connaître
« Le moi n’est même pas maître dans sa propre maison. »
Vorlesungen zur Einführung in die Psychoanalyse, 18e conférence, 1917 (traduction libre de l’allemand)
« Le rêve est un accomplissement de désir. »
Die Traumdeutung, chapitre III (titre), 1900 (traduction libre de l’allemand)
« Il n’y a rien d’arbitraire ni d’indéterminé dans la vie psychique. »
Zur Psychopathologie des Alltagslebens, dernier chapitre, 1901 (traduction libre de l’allemand)
« Wo Es war, soll Ich werden. »
Nouvelle suite des leçons d’introduction à la psychanalyse, 31e leçon, 1933 (original allemand ; traduction libre : là où était le Ça, le Moi doit advenir)
Notions du programme
Notions et sujets
Dissertation · l’inconscient et la conscience
Sujets possibles : « Suis-je maître de moi-même ? », « Peut-on se connaître soi-même ? », « Tout ce que je fais est-il conscient ? ». Idées de Freud à mobiliser : le refoulement, les actes manqués, le rêve, le moi qui n’est pas maître dans sa maison. Prévois une objection : Descartes (la conscience comme certitude) ou Sartre (la mauvaise foi à la place de l’inconscient). Notions : l’inconscient, la conscience. Repères : expliquer / comprendre, croire / savoir.
Dissertation · le bonheur et la science
Sujets possibles : « La civilisation rend-elle malheureux ? », « Peut-on être heureux sans renoncer à certains désirs ? », « Une théorie irréfutable est-elle scientifique ? ». Idées de Freud : Malaise dans la civilisation (renoncer à ses pulsions coûte du bonheur), le Surmoi. Prévois une objection : on peut apprendre à trier ses désirs (Épicure) ; et pour la science, Popper. Notions : le bonheur, la science. Repères : obligation / contrainte, croire / savoir.
Explication de texte · les trois blessures
Dans la 18e conférence (1917), repère la gradation des trois blessures (Terre, vie, esprit), la métaphore de la maison, et le « même pas » qui marque le comble de l’humiliation. Explique ce qu’est une blessure narcissique. Discute : une théorie qui humilie l’homme est-elle pour autant vraie ? Notions : la conscience, l’inconscient. Repères : subjectif / objectif, théorie / pratique.
Briller en société.
Trois phrases que tout le monde emploie. Maintenant, tu sais d’où elles viennent.
« Un lapsus. »
Le mot vient du latin lapsus linguae, « glissement de la langue ». Freud en fait un concept dans Psychopathologie de la vie quotidienne (1901) : un lapsus n’est pas un simple hasard, il laisse passer une pensée qu’on retenait. Aujourd’hui, on l’emploie pour toute bourde révélatrice : « Il a appelé la prof “maman” : joli lapsus ! »
« Refouler. »
En allemand, Verdrängung, que l’on traduit par « refoulement ». Refouler, c’est écarter de sa conscience une pensée pénible : elle ne disparaît pas, elle revient déguisée. Aujourd’hui : « J’ai refoulé la date du contrôle de maths. » Tu peux l’employer pour tout ce qu’on préfère ne pas regarder.
« Mon surmoi me dit de réviser. »
Le Surmoi apparaît dans Le Moi et le Ça (1923) : l’instance qui rassemble les interdits et les idéaux venus des parents et de la société. Dans la vie courante, c’est la petite voix qui fait la morale. Pratique pour parler avec humour de ta culpabilité : « Mon surmoi m’interdit le troisième gâteau. »
Ce que tu retiens.
Le médecin qui écoute
De Charcot à Breuer, Freud apprend que des symptômes sans cause visible parlent de l’histoire d’une personne : la cure par la parole est née.
Le penseur de l’inconscient
Rêves, lapsus, oublis : pour Freud, une partie de nous échappe à la conscience. Le moi n’est pas maître dans sa propre maison.
Un savant discuté
Popper, Sartre et d’autres contestent sa preuve et sa théorie. Mais Freud a changé la façon dont on parle de soi, de ses désirs et de ses rêves.
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Et les sujets du début ?
Reviens aux sujets du début : tu peux maintenant en traiter plusieurs. Les idées à mobiliser et les objections sont dans « Pour le bac », plus haut.
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