Un officier contre la défaite.
Charles de Gaulle naît à Lille en 1890, dans une famille catholique et conservatrice. Il choisit l’armée, est blessé puis fait prisonnier en 1916, et croit que la prochaine guerre se gagnera avec des chars. En juin 1940, la France est vaincue en six semaines.
1Explore la friseComment arrive-t-on au pouvoir ?
Je fais une hypothèse
Une voix venue de Londres
Le 18 juin 1940, de Gaulle est peu connu du grand public. Il n’a ni armée, ni parti, ni argent. Pourtant, il parle à la radio au nom de la France, et il dit que la guerre n’est pas perdue.
Un président qui décide.
De 1940 à 1944, il dirige la France libre. En 1946, il quitte le pouvoir. Il revient en mai 1958, quand une révolte à Alger menace la IVe République : le 1er juin, l’Assemblée lui donne le pouvoir par 329 voix contre 224. Une nouvelle Constitution fait de lui, en janvier 1959, le premier président de la Ve République.
2Mesure ton pouvoirLe règne en chiffres
Dans ta main
Les outils du pouvoir
La Constitution de 1958
Rédigée par l’équipe de Michel Debré, elle donne au président le pouvoir de dissoudre l’Assemblée, d’organiser un référendum et, en cas de menace grave, de prendre des pouvoirs exceptionnels (article 16). De Gaulle s’en sert pendant cinq mois après le putsch d’avril 1961. Le mandat dure sept ans. Jusqu’en 1962, un collège d’environ 80 000 élus choisit le président ; ensuite, ce sont tous les électeurs.
Le référendum et l’écran
De Gaulle s’adresse directement aux Français, sans passer par les partis. Il organise quatre référendums de 1958 à 1962 : la Constitution, l’autodétermination de l’Algérie, les accords d’Évian, l’élection du président. Pour le dernier, il utilise l’article 11 : ses adversaires jugent cette voie contraire à la Constitution, mais le « oui » l’emporte. À la radio et à la télévision, il parle aussi lors des crises : le putsch d’Alger, en 1961, et mai 1968.
L’indépendance de la France
Le 13 février 1960, la France fait exploser sa première bombe atomique à Reggane, dans le Sahara algérien : elle devient la quatrième puissance nucléaire. En 1963, de Gaulle signe avec l’Allemagne le traité de l’Élysée. En 1966, la France quitte le commandement militaire intégré de l’OTAN, mais reste dans l’alliance. Les essais nucléaires continuent en Algérie jusqu’en 1966, puis en Polynésie jusqu’en 1996 ; leurs conséquences pour la santé et l’environnement sont encore discutées.
Autour du trône
Jean Moulin, délégué en France
Préfet né en 1899, il rejoint de Gaulle à Londres à l’automne 1941. Parachuté en France dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942, il réunit les mouvements de résistance, puis le premier Conseil national de la Résistance, à Paris, le 27 mai 1943. Arrêté à Caluire le 21 juin 1943, il meurt le 8 juillet, entre les mains de la Gestapo. Ses cendres entrent au Panthéon en 1964.
Philippe Pétain, d’un mentor à un adversaire
En 1912, le futur maréchal commande le régiment où de Gaulle débute : il devient son protecteur. En 1940, à 84 ans, il dirige le gouvernement et demande l’armistice. Le 2 août 1940, un tribunal militaire de Vichy condamne de Gaulle à mort par contumace, c’est-à-dire en son absence. En août 1945, c’est Pétain qui est condamné à mort ; de Gaulle commue sa peine en prison à vie.
Que ferais-tu ?
Tu es de Gaulle, en 1940, en 1959, puis en 1969. Trois décisions qui engagent un pays. Le choix historique n’est pas toujours le meilleur.
3Prends les décisionsLe conseil
Que ferais-tu à la place de de Gaulle ?
Après chaque choix, tu vois ce qu’il change et ce qui s’est vraiment passé.
De Lille à Colombey.
Suis les lieux de sa vie. Regarde les frontières changer : la France et son empire en 1945, puis le monde de 1960, avec les indépendances africaines et l’Allemagne coupée en deux.
4Suis le règne sur la carteLe règne sur la carte
Les lieux de Charles de Gaulle
Dates et lieux d’après les articles détaillés de Wikipedia (avec leurs références) ; pour aller plus loin : Julian Jackson, De Gaulle. Une certaine idée de la France (Seuil, 2019).
Une France de résistants ? Un plan secret ?
Deux idées répandues sur de Gaulle et son époque. Que disent les historiens ?
5Démêle le vrai du fauxLégende ou réalité ?
Une France de résistants ?
Le 25 août 1944, de Gaulle dit que Paris s’est libéré « par lui-même », « par son peuple ». Pendant des années, on a raconté que presque tous les Français avaient résisté.
Un plan secret ?
Un plan secret pour l’Algérie ?
Le 4 juin 1958, de Gaulle lance à la foule d’Alger : « Je vous ai compris ! ». Quatre ans plus tard, l’Algérie est indépendante. A-t-il toujours su qu’il en arriverait là ?
Ce qu’il en reste
Des droits nouveaux, un État plus fort
En 1944-1946, le gouvernement qu’il dirige donne le droit de vote aux femmes (ordonnance du 21 avril 1944 ; elles votent pour la première fois le 29 avril 1945), crée la Sécurité sociale (octobre 1945) et nationalise des entreprises comme Renault, la Banque de France, de grandes banques, l’électricité et le gaz. Ces mesures viennent aussi du programme de la Résistance et des partis, communistes compris, bien plus que de lui seul. En 1958-1962, la Ve République et l’élection du président par tous les électeurs donnent à la France un régime qui dure encore. Mais le pouvoir se concentre sur le président : dès 1967, Valéry Giscard d’Estaing critique « l’exercice solitaire du pouvoir ».
Les zones d’ombre
La guerre d’Algérie (1954-1962) fait environ 25 000 morts parmi les soldats français et de 250 000 à 1,5 million de morts algériens selon les estimations. L’armée a pratiqué la torture, ce que des généraux ont reconnu en 2000-2001. Le 17 octobre 1961, la police charge des Algériens qui manifestent à Paris : plusieurs dizaines de morts au moins, peut-être plus de 200 selon certains historiens. Le 8 février 1962, neuf manifestants contre l’OAS meurent au métro Charonne. Après 1962, beaucoup de harkis sont abandonnés à leur sort ; l’État ne le reconnaît que des décennies plus tard. À la Libération, l’épuration fait de 9 000 à 10 000 morts sans jugement (estimation) et environ 800 condamnés à mort exécutés après procès ; de Gaulle commue de nombreuses peines, dont celle de Pétain. Les historiens discutent de la part de responsabilité du pouvoir politique.
Cinq histoires vraies (ou presque).
Lis la question, fais ton hypothèse, puis découvre le récit. Chaque anecdote t’apprend quelque chose.
6Ouvre les cinq anecdotesCe que tu retiens.
Dire non en 1940
Un général presque inconnu refuse la défaite et parle depuis Londres. En 1945, la France est du côté des vainqueurs : elle obtient une zone d’occupation en Allemagne et un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.
Une Constitution qui dure
La Constitution de 1958 est toujours en vigueur. L’élection du président par tous les électeurs, décidée en 1962, en est devenue le centre de la vie politique.
Le prix d’un pouvoir fort
En Algérie, la guerre se termine en 1962, mais avec des harkis abandonnés, des attentats, des violences policières et un exode. En 1969, le pouvoir d’un seul prend fin sur un référendum perdu. De Gaulle est admiré et contesté.
Ton carnet
Prendre la place d’un autre.
Vingt-six règnes, de Hatchepsout à Mandela. Tous les puissants
Le thèmeTous les puissants
v. 1479-1458 av. J.-C.Hatchepsout
559-530 av. J.-C.Cyrus le Grand
stratège v. 443-429 av. J.-C.Périclès
v. 268-232 av. J.-C.Ashoka
roi 247, empereur 221-210 av. J.-C.Qin Shi Huang
51-30 av. J.-C.Cléopâtre VII
27 av. J.-C. - 14 apr. J.-C.Auguste
306-337Constantin
768-814Charlemagne
1206-1227Gengis Khan
v. 1312-1337Mansa Moussa
1474-1504Isabelle la Catholique
1520-1566Soliman le Magnifique
1558-1603Élisabeth Ire
1643-1715Louis XIV
1682-1725Pierre le Grand
1799-1815Napoléon Bonaparte
1861-1865Abraham Lincoln
1867-1912L’empereur Meiji
1994-1999Nelson Mandela