Un livre de 2 500 ans.
La Chine est divisée en royaumes qui se font la guerre. Des généraux mettent leur expérience par écrit.
1Parcours la friseLa Chine en guerre

Un livre en bambou
Avant le papier, les Chinois écrivaient au pinceau sur de fines lamelles de bambou, une colonne de caractères par lamelle, reliées par des cordelettes. On les enroulait comme un store.
Treize chapitres, environ 6 000 caractères. C’est très court : on le lit en une heure. Pas de récit de bataille, pas de héros : des règles générales, écrites comme des proverbes.
Pendant ce temps
Le même siècle que Marathon
Ces trois mondes ne se connaissent presque pas. L’Art de la guerre n’arrivera en Europe qu’en 1772.
Qui était Sun Tzu ?
Un nom célèbre, mais presque aucune trace.
2Vérifie ton hypothèseJe fais une hypothèse
Sun Tzu a-t-il existé ?
Sun Tzu veut dire « Maître Sun ». Toute sa vie nous vient d’un seul historien, Sima Qian, qui écrit vers 100 av. J.-C., quatre siècles plus tard. Et une grande chronique de l’époque, qui raconte en détail les guerres de Wu, ne le cite jamais.
Gagner avant de combattre.
Pour Sun Tzu, une guerre se gagne d’abord par le calcul, avant même le premier pas.
3Fais une prédictionLa Voie
Le peuple et l’armée sont-ils d’accord avec leur chef, au point de le suivre jusqu’à la mort ?
Le Ciel
Le jour et la nuit, le froid et la chaleur, les saisons, la météo.
La Terre
Les distances, les obstacles, l’espace pour manœuvrer, les endroits sûrs ou dangereux.
Le Général et la Méthode
Un chef sage, juste, courageux et sévère. Une armée organisée, avec des ordres clairs et du ravitaillement.
Les cinq facteurs
Prédire le vainqueur avant la bataille
Sun Tzu commence son livre ainsi : avant toute guerre, compare les deux camps sur cinq points. Celui qui l’emporte sur le plus de points gagnera. Choisis une bataille, décide qui a l’avantage sur chaque point, puis vérifie.
La meilleure victoire.
La phrase la plus célèbre du livre est un paradoxe pour un manuel de guerre.
4Classe les stratégiesVaincre sans combattre
Du meilleur au pire
Pour Sun Tzu, gagner cent batailles n’est pas le sommet de l’art. Clique sur les quatre manières de vaincre, de la meilleure à la pire, selon toi.
Les règles sur le terrain.
De Marathon à Stalingrad, les mêmes idées reviennent. À toi de les reconnaître.
5Relie règles et bataillesTreize chapitres, dix batailles
Quelle règle a gagné cette bataille ?
Pour chaque bataille, lis la situation et choisis la phrase de Sun Tzu qui l’explique le mieux. Tous ces stratèges n’avaient pas lu Sun Tzu : ils ont retrouvé les mêmes idées.
L’image de l’eau

« L’armée est comme l’eau »
L’eau n’a pas de forme fixe : elle prend celle du terrain. Elle contourne les rochers et descend toujours vers le point le plus bas.
Pour Sun Tzu, une armée doit faire pareil : ne pas foncer sur ce qui est solide, s’adapter à l’ennemi et frapper là où il est vide. Aucune bataille ne se joue deux fois de la même manière.
De Pékin à Paris.
Comment un livre chinois est devenu un classique mondial, et une légende de plus.
6Démêle la légende
Le père Amiot, 1772
Joseph-Marie Amiot est un jésuite français installé à Pékin, à la cour de l’empereur Qianlong, depuis 1751. Il apprend le chinois et le mandchou et traduit des textes militaires chinois.
Sa traduction paraît à Paris en 1772 : c’est la première fois que Sun Tzu est publié en Europe. La première traduction anglaise complète, de Lionel Giles, ne viendra qu’en 1910.
Je fais une hypothèse
Napoléon a-t-il lu Sun Tzu ?
On lit souvent que Napoléon gardait L’Art de la guerre sur sa table. La traduction d’Amiot existe depuis 1772, et Austerlitz ressemble beaucoup aux conseils de Sun Tzu.
Sun Tzu aujourd’hui
Mao Zedong
Pendant la guerre civile chinoise, il cite Sun Tzu dans ses textes sur la stratégie : « Connais l’ennemi et connais-toi toi-même ».
Les écoles de commerce
On y lit L’Art de la guerre pour parler de concurrence et de négociation. C’est un usage moderne, loin du livre d’origine.
Le sport et les jeux
Entraîneurs, joueurs d’échecs ou de jeux vidéo de stratégie citent Sun Tzu : bien connaître l’adversaire, ne pas l’attaquer là où il est fort.
Ce que tu retiens.
Calculer avant
Comparer les deux camps sur cinq facteurs.
Vaincre sans combattre
Déjouer les plans de l’ennemi vaut mieux que l’écraser.
Être comme l’eau
Éviter ce qui est fort, frapper ce qui est vide.
Ton carnet













