Albert CamusL’ÉtrangerAnalyse d’œuvreL’Étranger Albert Camus · 1942
- Auteur
- Albert Camus (1913-1960)
- Publication
- 1942, éditions Gallimard
- Forme
- Roman à la première personne, en deux parties (six chapitres, puis cinq)
- Narrateur
- Meursault, employé de bureau à Alger
- Lieu
- Alger et ses environs, dans l’Algérie alors française
- Famille d’œuvres
- Le « cycle de l’absurde », avec l’essai Le Mythe de Sisyphe (1942) et le théâtre de Camus (Caligula, Le Malentendu)
Ton livreTu as le livre ? Analyse ton extrait.Colle un passage de ton exemplaire, L’Étranger ou un autre livre. La page te fait suivre, pas à pas, le vrai parcours d’une explication de texte. Ton extrait reste dans ta page : rien n’est enregistré.1Colle2Parie3Relève4Découpe5ÉcrisColle ton extrait →Un homme est condamné à mort. Pourquoi ?
Voici le roman en trois lignes, sans rien dévoiler de son style. Réponds avant d’aller plus loin : on retrouvera ton avis à la fin.
1Donne ton premier avisLe roman en trois lignes
Meursault enterre sa mère. Quelques jours plus tard, sur une plage, il tue un homme. Il est jugé, et pendant son procès on lui parle beaucoup de sa mère.
Les premières lignes du roman.
Le livre s’ouvre sur la mort de la mère du narrateur. Ouvre ton exemplaire au tout début : c’est l’une des ouvertures les plus célèbres du roman français.
2Lis, puis donne ton avisLe passage
Où le trouver : Partie I, chapitre 1 · les premières lignes (une page environ)
Meursault apprend par un télégramme de l’asile de Marengo, à environ quatre-vingts kilomètres d’Alger, que sa mère est morte. Il hésite sur la date : aujourd’hui ou hier ? Il demande deux jours de congé à son patron, qui n’a pas l’air ravi, puis prend l’autobus. Le télégramme écrit « mère » ; lui dit « maman ».
Ton livreLes premières pages : explique-les toi-même.Colle le début du chapitre 1 (au moins une demi-page). Un parcours complet est prêt pour ce passage : pari de lecture, procédés à relever, effets, découpage, problématique, paragraphe.Colle ton extrait →
Une nuit à veiller, un enterrement sous le soleil.
Meursault arrive à l’asile de Marengo, où sa mère a passé ses dernières années. Il la veille toute la nuit, puis l’accompagne au cimetière. Deux scènes à relire côte à côte.
3Lis, puis donne ton avis
Le passage
Où le trouver : Partie I, chapitre 1 · la veillée, puis le cortège
Le concierge de l’asile lui propose un café au lait : Meursault accepte. On propose d’ouvrir le cercueil pour qu’il voie sa mère une dernière fois : il refuse. Pendant la nuit, il fume et somnole. Des pensionnaires de l’asile, les amis de sa mère, entrent et s’assoient en silence ; une impression fugitive lui vient (qu’ils sont là pour le juger), qu’il trouve aussitôt absurde. Le lendemain, le cortège avance sous un soleil écrasant ; Meursault ne retient presque que la chaleur, la lumière, la fatigue. Pérez, un vieil ami de sa mère, suit le cortège avec peine.
Marie lui demande s’il l’aime.
Le lendemain de l’enterrement, Meursault a retrouvé Marie, une ancienne collègue de bureau. Au chapitre 4, elle lui pose la question que tout le monde pose. Au chapitre 5, elle lui parle de mariage, et son patron lui propose un poste à Paris.
4Lis, puis donne ton avis
Le passage
Où le trouver : Partie I, chapitre 4 (la première question) et chapitre 5 (le mariage, Paris)
Le lendemain de l’enterrement, Meursault retrouve Marie au bain du port : ils nagent, ils rient, ils vont voir un film comique, ils passent la nuit ensemble. Au chapitre 4, pendant un week-end chez lui, Marie lui demande s’il l’aime : il répond que cela ne veut rien dire, mais que sans doute il ne l’aime pas. Elle a l’air triste. Au chapitre 5, son patron lui propose un poste à Paris ; il répond que ça lui est égal, qu’on ne change jamais de vie et que toutes se valent. Le soir, Marie lui demande s’il veut l’épouser : il répond que ça lui est égal et qu’ils peuvent le faire si elle le veut ; elle lui repose alors la question de l’amour, il répond comme la première fois, puis elle le trouve bizarre et dit qu’elle veut quand même l’épouser.
Midi, la plage : le moment où tout bascule.
C’est la fin de la première partie, le centre du livre. Pour ce passage, relis la scène en entier dans ton exemplaire, jusqu’à la dernière phrase du chapitre.
5Lis, puis donne ton avis
Le passage
Où le trouver : Partie I, chapitre 6 · la fin du chapitre
Un dimanche, Meursault est invité avec Marie au cabanon de Masson, un ami de Raymond, au bord de la mer. Une bagarre éclate avec deux hommes arabes, dont le frère de la femme que Raymond avait frappée ; Raymond est blessé. Plus tard, Meursault, qui a pris le revolver de Raymond, revient seul vers la source et y retrouve un des deux hommes de la bagarre (vraisemblablement celui qui avait blessé Raymond). Le soleil, la sueur dans les yeux, un éclat de lumière sur la lame d’un couteau : il tire une fois, puis quatre fois encore.
Le procès : de quoi parle-t-on vraiment ?
Deuxième partie. Meursault est en prison, puis devant la cour d’assises, à Alger. Le procès devrait parler d’un meurtre. Regarde de quoi on parle surtout.
6Lis, puis donne ton avis
Le passage
Où le trouver : Partie II, chapitre 3 (les témoins) et chapitre 4 (le réquisitoire, le verdict)
Au chapitre 3, les témoins défilent : le directeur et le concierge de l’asile, Pérez, puis Céleste, Masson, Salamano et Raymond. On parle beaucoup de l’enterrement : le café au lait, la cigarette, le fait que Meursault n’ait pas pleuré. Marie est interrogée sur le lendemain de l’enterrement (la baignade, le film). Au chapitre 4, le procureur décrit un homme sans âme et relie son attitude à l’enterrement au crime de la plage. Meursault a la sensation qu’on parle de lui sans lui : il s’ennuie, il a chaud, il est de trop dans sa propre affaire. La cour le condamne à avoir la tête tranchée sur une place publique.
La dernière nuit.
Meursault attend son exécution. Un aumônier vient le voir dans sa cellule. C’est sa seule vraie explosion de tout le livre.
7Lis, puis donne ton avis
Le passage
Où le trouver : Partie II, chapitre 5 · la visite de l’aumônier, puis la nuit
L’aumônier lui parle de Dieu, d’une autre vie, du pardon. Meursault refuse : il s’énerve, saisit le prêtre par sa soutane, crie qu’il est sûr de sa vie et sûr de sa mort. L’aumônier parti, il retrouve le calme. Il pense à sa mère, à son « fiancé » de l’asile, et comprend qu’elle a pu se sentir libre. La nuit, les bruits du dehors entrent par la fenêtre ; il se sent ouvert au monde, qui lui paraît fraternel. Il souhaite seulement, le jour de l’exécution, que des spectateurs nombreux assistent à sa mort et qu’ils soient hostiles : il ne se sentira ainsi plus seul.
Ce que tu retiens.
Trois outils de lecteur
Distinguer ce que le texte dit de ce que tu y lis
À l’ouverture, « il est froid » n’est pas dans le texte : c’est toi qui l’ajoutes. Avant d’interpréter, sépare toujours ce qui est écrit de ce que tu en conclus.
Relier un détail à un autre passage
Le café de la veillée revient au procès ; le soleil de l’enterrement revient sur la plage. Un roman se lit en reliant ses échos.
Nommer le procédé, puis dire son effet
Phrases courtes et passé composé : voilà le procédé. Le lecteur doit interpréter seul : voilà l’effet. Un commentaire réussi fait toujours les deux.
Pour le bac de français
À l’oral
Un bon passage à présenter, c’est un passage dont tu sais dire où il se situe dans l’œuvre, ce qu’il montre, quel procédé il utilise et ce qu’il change pour la suite. Les six passages de cette page sont un bon entraînement.
À l’écrit
Dans un commentaire ou une dissertation sur le roman, cite peu, interprète beaucoup, et nuance (« on pourrait croire… mais… »). Les verdicts « à nuancer » de cette page sont des modèles de nuance.
Des sujets qui reviennent
« Meursault est-il coupable ? », « Que juge-t-on dans ce procès ? », « Un roman peut-il penser ? ». La page Camus te donne d’autres pistes. Demande à ton professeur si le roman figure sur ta liste d’œuvres.
Ton carnet
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